ARTICLE
TROISIÈME:
La Famille
1. L'institution de
la famille
2. Le mariage
3. Les enfants et les parents
4. La famille, l'éducation et la culture
5. Le caractère sacré de la vie humaine
6. La plaie de l'avortement et de l'euthanasie
7. La peine capitale
8. La dignité de la femme
I. L'INSTITUTION
DE LA FAMILLE
84. Puisque "le Créateur
a fait de la communauté conjugale l'origine et le fondement
de la société humaine", la famille est devenue
la "cellule première et vitale de la société"
(Apostolicam Actuositatem, n. 11).
La famille a des liens organiques et vitaux avec la société
parce qu'elle en constitue le fondement et qu'elle la sustente sans
cesse en réalisant son service de la vie: c'est au sein de
la famille en effet que naissent les citoyens et dans la famille
qu'ils font le premier apprentis-sage des vertus sociales, qui sont
pour la société l'âme de sa vie et de son développement.
Ainsi donc, en raison de sa nature et de sa vocation, la famille,
loin de se replier sur elle-même, s'ouvre aux autres familles
et à la société, elle remplit son rôle
social.
(Familiaris Consortio, n. 42)
85. La première structure
fondamentale pour une "écologie humaine" est la
famille, au sein de laquelle l'homme reçoit des premières
notions déterminantes concernant la vérité
et le bien, dans laquelle il apprend ce que signifie aimer et être
aimé et, par conséquent, ce que veut dire concrètement
être une personne. On pense ici à la famille fondée
sur le mariage, où le don de soi réciproque de l'homme
et de la femme crée un milieu de vie dans lequel l'enfant
peut naître et épanouir ses capacités, devenir
conscient de sa dignité et se préparer à affronter
son destin unique et irremplaçable. Il arrive souvent, au
contraire, que l'homme se décourage de réaliser les
conditions authentiques de la reproduction humaine, et il est amené
à se considérer lui-même et à considérer
sa propre vie comme un ensemble de sensations à expérimenter
et non comme une oeuvre à accomplir. Il en résulte
un manque de liberté qui fait renoncer au devoir de se lier
dans la stabilité avec une autre personne et d'engendrer
des enfants, ou bien qui amène à considérer
ceux-ci comme une de ces nombreuses "choses" que l'on
peut avoir ou ne pas avoir, au gré de ses goûts, et
qui entrent en concurrence avec d'autres possibilités. Il
faut en revenir à considérer la famille comme le sanctuaire
de la vie. En effet, elle est sacrée, elle est le lieu où
la vie, don de Dieu, peut être convenablement accueillie et
protégée contre les nombreuses attaques auxquelles
elle est exposée, le lieu où elle peut se développer
suivant les exigences d'une croissance humaine authentique. Contre
ce qu'on appelle la culture de la mort, la famille constitue le
lieu de la culture de la vie....
(Centesimus Annus, n. 39)
86. Mais l'homme n'est lui-même
que dans son milieu social, où la famille joue un rôle
primordial. Celui-ci a pu être excessif, selon les temps et
les lieux, lorsqu'il s'est exercé au détriment de
libertés fondamentales de la personne. Souvent trop rigides
et mal organisés, les anciens cadres sociaux des pays en
voie de dévelop-pement sont pourtant nécessaires encore
un temps, tout en desserrant progressivement leur emprise exagérée.
Mais la famille naturelle, monogamique et stable, telle que le dessein
divin l'a conçue et que le christianisme l'a sanctifiée,
doit demeurer ce "lieu de rencontres de plusieurs générations
qui s'aident mutuellement à acquérir une sagesse plus
étendue et à harmoniser les droits de la personne
avec les autres exigences de la vie sociale" (GS, nn. 50-51).
(Populorum Progressio, n. 36)
87. À l'intérieur du
"peuple de la vie et pour la vie", la responsabilité
de la famille est déterminante: c'est une responsabilité
qui résulte de sa nature même-qui consiste à
être une communauté de vie et d'amour, fondée
sur le mariage-et de sa mission de "garder, de révéler
et de communiquer l'amour" (Familiaris Consortio, n. 17). Il
s'agit précisément de l'amour même de Dieu,
dont les parents sont faits les coopérateurs et comme les
interprètes dans la transmission de la vie et dans l'éducation,
suivant le projet du Père (cf. GS, n. 50).
(Evangelium Vitae, n. 92)
88. Noyau premier de la société,
la famille a droit à tout soutien de l'État pour remplir
entièrement sa mission propre. Les lois de l'État
doivent donc être conçues de manière à
promouvoir de bonnes conditions de vie pour la famille, en l'aidant
à accomplir les tâches qui lui re-viennent. Devant
la tendance aujourd'hui toujours plus forte à légitimer,
comme substitut de l'union conjugale, des formes d'unions qui, en
raison de leur nature propre ou de leur caractère transitoire
voulu, ne peuvent en aucune manière exprimer le sens de la
famille ni assurer son bien, c'est un des premiers devoirs de l'État
d'encourager et de protéger l'institution familiale authentique,
d'en respecter la physionomie naturelle ainsi que les droits innés
et inaliénables.
(Message pour la Journée mondiale de la paix, 1994, n. 5)

II. LE MARIAGE
89. Selon le dessein de Dieu, le
mariage est le fondement de cette communauté plus large qu'est
la famille, puisque l'institution même du mariage et l'amour
conjugal sont ordonnés à la procréation et
à l'éducation des enfants dans lesquels ils trouvent
leur couron-nement (cf. GS, n. 50).
(Familiaris Consortio, n. 14)
90. La sexualité est ordonnée
à l'amour conjugal de l'homme et de la femme. Dans le mariage
l'intimité corporelle des époux devient un signe et
un gage de communion spirituelle. Entre les baptisés, les
liens du mariage sont sanctifiés par le sacrement.
"La sexualité, par laquelle l'homme et la femme se donnent
l'un à l'autre par les actes propres et exclusifs des époux,
n'est pas quelque chose de purement biologique, mais concerne la
personne humaine dans ce qu'elle a de plus intime. Elle ne se réalise
de façon véritablement humaine que si elle est partie
intégrante de l'amour dans lequel l'homme et la femme s'engagent
entièrement l'un vis-à-vis de l'autre jusqu'à
la mort" (Familiaris Consortio, n. 11).
"Les actes qui réalisent l'union intime et chaste des
époux sont des actes honnêtes et dignes. Vécue
d'une manière vraiment humaine, ils signifient et favorisent
le don réciproque par lequel les époux s'enrichissent
tous les deux dans la joie et la reconnaissance" (GS, n. 49).
La sexualité est source de joie et de plaisir:
"Le Créateur lui-même ... a établi que
dans cette fonction [de génération] les époux
éprouvent un plaisir et une satisfaction du corps et de l'esprit.
Donc, les époux ne font rien de mal en recherchant ce plaisir
et en en jouissant. Ils acceptent ce que le Créateur leur
a destiné. Néanmoins, les époux doivent savoir
se maintenir dans les limites d'une juste modération"
(Pie XII, discours 29 octobre 1951).
Par l'union des époux se réalise la double fin du
mariage: le bien des époux eux-mêmes et la transmission
de la vie. On ne peut séparer ces deux significations ou
valeurs du mariage sans altérer la vie spirituelle du couple
ni compromettre les biens du mariage et l'avenir de la famille.
L'amour conjugal de l'homme et de la femme est ainsi placé
sous la double exigence de la fidélité et de la fécondité.
(CEC, nn. 2360-2363)
91. La communauté profonde
de vie et d'amour que forme le couple a été fondée
et dotée de ses lois propres par le Créateur; elle
est établie sur l'alliance des conjoints, c'est-à-dire
sur leur consente-ment personnel irrévocable. Une institution,
que la loi divine confirme, naît ainsi, au regard même
de la société, de l'acte humain par lequel les époux
se donnent et se reçoivent mutuellement. En vue du bien des
époux, des enfants et aussi de la société,
ce lien sacré échappe à la fantaisie de l'homme.
Car Dieu lui-même est l'auteur du mariage qui possède
en propre des valeurs et des fins diverses; tout cela est d'une
extrême importance pour la continuité du genre humain,
pour le progrès personnel et le sort éternel de chacun
des membres de la famille, pour la dignité, la stabilité,
la paix et la prospérité de la famille et de la société
humaine tout entière. Et c'est par sa nature même que
l'institution du mariage et l'amour conjugal sont ordonnés
à la procréation et à l'éducation qui,
tel un sommet en en constituent le couronnement. Aussi l'homme et
la femme qui, par l'alliance conjugale "ne sont plus deux,
mais une seule chair" (Mt 19, 6), s'aident et se soutiennent
mutuellement par l'union intime de leurs personnes et de leurs activités;
ils prennent ainsi conscience de leur unité et l'approfondissent
sans cesse davantage. Cette union intime, don réciproque
de deux personnes, non moins que le bien des enfants, exigent l'entière
fidélité des époux et requièrent leur
indissoluble unité.
(Gaudium et Spes, n. 48)
92. Une certaine participation de
l'homme à la seigneurie de Dieu est aussi manifeste du fait
de la responsabilité spécifique qui lui est confiée
à l'égard de la vie humaine proprement dite. C'est
une responsabilité qui atteint son sommet lorsque l'homme
et la femme, dans le mariage, donnent la vie par la génération,
comme le rappelle le Concile Vatican II: "Dieu lui-même,
qui a dit "Il n'est pas bon que l'homme soit seul" (Gn
2, 18) et qui, dès l'origine, a fait l'être humain
homme et femme (Mt 19, 4), a voulu lui donner une participation
spéciale dans son oeuvre créatrice; aussi a-t-il béni
l'homme et la femme, disant: "Soyez féconds et multipliez-vous"
(Gn 1, 28)" (GS, n. 50). En parlant d' "une participation
spéciale" de l'homme et de la femme à l' "oeuvre
créatrice" de Dieu, le Concile veut souligner qu'engendrer
un enfant est un événement profondément humain
et hautement religieux, car il engage les conjoints, devenus "une
seule chair" (Gn 2, 24), et simultanément Dieu lui-même,
qui se rend présent.
(Evangelium Vitae, n. 43)

III. LES ENFANTS
ET LES PARENTS
93. Quand, de l'union conjugale des
deux, naît un nouvel homme, il apporte avec lui au monde une
image et une ressemblance parti-culières avec Dieu lui-même:
dans la biologie de la génération est inscrite la
généalogie de la personne.
En affirmant que les époux, en tant que parents, sont des
coopé-rateurs de Dieu Créateur dans la conception
et la génération d'un nouvel être humain, nous
ne nous référons pas seulement aux lois de la biologie;
nous entendons plutôt souligner que, dans la paternité
et la maternité humaines, Dieu lui-même est présent
selon un mode différent de ce qui advient dans toute autre
génération "sur la terre". En effet, c'est
de Dieu seul que peut provenir cette "image", cette "ressemblance"
qui est propre à l'être humain, comme cela s'est produit
dans la création. La génération est la continuation
de la création.
(Gratissimam Sane, n. 9)
94. En manifestant et en revivant
sur terre la paternité même de Dieu (Ep 3, 15), l'homme
est appelé à garantir le développement unitaire
de tous les membres de la famille. Pour accomplir cette tâche,
il lui faudra une généreuse responsabilité
à l'égard de la vie conçue sous le coeur de
la mère, un effort d'éducation plus appliqué
et partagé avec son épouse (cf. GS, n. 52) un travail
qui ne désagrège jamais la famille mais la renforce
dans son union et sa stabilité, un témoignage de vie
chrétienne adulte qui introduise plus efficacement les enfants
dans l'expérience vivante du Christ et de l'Église.
(Familiaris Consortio, n. 25)
95. Il n'y a pas de doute que l'égalité
de dignité et de respons-abilité entre l'homme et
la femme justifie pleinement l'accession de la femme aux fonctions
publiques. Par ailleurs la vraie promotion de la femme exige que
soit clairement reconnue la valeur de son rôle maternel et
familial face â toutes les autres fonctions publiques et à
toutes les autres professions. Il est du reste nécessaire
que ces fonctions et ces professions soient étroitement liées
entre elles si l'on veut que l'évolution sociale et culturelle
soit vraiment et pleinement humaine.
(Familiaris Consortio, n. 23)

IV. LA FAMILLE,
L'ÉDUCATION ET LA CULTURE
96. Le devoir d'éducation
a ses racines dans la vocation primor-diale des époux à
participer à l'oeuvre créatrice de Dieu: en engendrant
dans l'amour et par amour une nouvelle personne possédant
en soi la vocation à la croissance et au développement,
les parents assument par là même le devoir de l'aider
efficacement à vivre une vie pleinement humaine. Comme l'a
rappelé le Concile Vatican II: "Les parents, parce qu'ils
ont donné la vie à leurs enfants, ont la très
grave obligation de les élever et, à ce titre, ils
doivent être reconnus comme leurs premiers et principaux éducateurs.
Le rôle éducatif des parents est d'une telle importance
que, en cas de défaillance de leur part, il peut difficilement
être suppléé. C'est aux parents, en effet, de
créer une atmosphère familiale, animée par
l'amour et le respect envers Dieu et les hommes, telle qu'elle favorise
l'éducation totale, personnelle et sociale, de leurs enfants.
La famille est donc la première école des vertus sociales
dont aucune société ne peut se passer" (Gravissimum
Educationis, n. 3). Le droit et le devoir d'éducation sont
pour les parents quelque chose d'essentiel, de par leur lien avec
la transmission de la vie; quelque chose d'original et de primordial,
par rapport au devoir éducatif des autres, en raison du caractère
unique du rapport d'amour existant entre parents et enfants; quelque
chose d'irremplaçable et d'inaliénable, qui ne peut
donc être totalement délégué à
d'autres ni usurpé par d'autres.
(Familiaris Consortio, n. 36)
97. Aussi bien que la société
civile, la famille, comme Nous l'avons dit plus haut, est une société
proprement dite, avec son autorité propre qui est l'autorité
paternelle. C'est pourquoi, toujours sans doute dans la sphère
que lui détermine sa fin immédiate, elle jouit, pour
le choix et l'usage de tout ce qu'exigent sa conservation et l'exercice
d'une juste indépendance, de droits au moins égaux
à ceux de la société civile. Au moins égaux,
disons-Nous, car la société domestique a sur la société
civile une priorité logique et une priorité réelle,
auxquelles participent nécessairement ses droits et ses devoirs.
Si les citoyens, si les familles entrant dans la société
humaine y trouvaient, au lieu d'un soutien, un obstacle, au lieu
d'une protection, une diminution de leurs droits, la société
serait plutôt à rejeter qu'à rechercher.
(Rerum Novarum, n. 13)
98. Le rôle social de la famille
ne peut certainement pas se limiter a 1'oeuvre de la procréation
et de l'éducation, même s'il trouve en elles sa forme
d'expression première et irremplaçable. Les familles,
isolément ou en associations, peuvent et doivent donc se
consacrer à de nombreuses oeuvres de service social, spécialement
en faveur des pauvres et en tout cas des personnes et des situations
que les institutions de prévoyance et d'assistance publiques
ne réussissent pas à atteindre. La contribution sociale
de la famille a son originalité qui gagnerait à être
mieux connue et qu'il faudrait promouvoir plus franchement, surtout
au fur et à mesure que les enfants grandissent, en suscitant
le plus possible la participation de tous ses membres.
(Familiaris Consortio, n. 44)
99. C'est une erreur grave et funeste
de vouloir que le pouvoir civil pénètre à sa
guise jusque dans le sanctuaire de la famille. Assurément,
s'il arrive qu'une famille se trouve dans une situation matérielle
critique et que, privée de ressources, elle ne puisse d'aucune
manière en sortir par elle-même, il est juste que,
dans de telles extrémités, le pouvoir public vienne
à son secours, car chaque famille est un membre de la société.
De même, si un foyer domestique est quelque part le théâtre
de graves violations des droits mutuels, il faut que le pouvoir
public y rétablisse le droit de chacun. Ce n'est point là
empiéter sur les droits des citoyens, mais leur assurer une
défense et une protection réclamées par la
justice. Là toutefois doivent s'arrêter ceux qui détiennent
les pouvoirs publics; la nature leur interdit de dépasser
ces limites.
(Rerum Novarum, n. 14)
100. À l'intérieur
du "peuple de la vie et pour la vie", la responsabilité
de la famille est déterminante: c'est une responsabilité
qui résulte de sa nature même-qui consiste à
être une communauté de vie et d'amour, fondée
sur le mariage-et de sa mission de "garder, de révéler
et de communiquer l'amour" (Familiaris Consortio, n. 17). Il
s'agit précisément de l'amour même de Dieu,
dont les parents sont faits les coopérateurs et comme les
interprètes dans la transmission de la vie et dans l'éducation,
suivant le projet du Père (cf. GS, n. 50). C'est donc un
amour qui se fait gratuité, accueil, don: dans la famille,
chacun est reconnu, respecté et honoré parce qu'il
est une personne, et, si quelqu'un a davantage de besoins, l'attention
et les soins qui lui sont portés se font plus intenses.
La famille a un rôle à jouer tout au long de l'existence
de ses membres, de la naissance à la mort. Elle est véritablement
"le sanctuaire de la vie, le lieu où la vie, don de
Dieu, peut être conven-ablement accueillie et protégée
contre les nombreuses attaques aux-quelles elle est exposée,
le lieu où elle peut se développer suivant les exigences
d'une croissance humaine authentique" (CA, n. 39). C'est pourquoi
le rôle de la famille est déterminant et irremplaçable
pour bâtir la culture de la vie.
Comme Église domestique, la famille a vocation d'annoncer,
de célébrer et de servir l'Évangile de la vie.
C'est une mission qui concerne avant tout les époux, appelés
à transmettre la vie, en se fondant sur une conscience sans
cesse renouvelée du sens de la génération,
en tant qu'événement privilégié dans
lequel est manifesté le fait que la vie humaine est un don
reçu pour être à son tour donné. Dans
la procréation d'une vie nouvelle, les parents se rendent
compte que l'enfant, "s'il est le fruit de leur don réciproque
d'amour devient, à son tour, un don pour tous les deux: un
don qui jaillit du don" (Jean-Paul II, Discours au 7ème
Symposium des Évêques européens, 1989, n. 5).
(Evangelium Vitae, n. 92)
101. L'Évangile de la vie
se trouve au coeur du message de Jésus. Reçu chaque
jour par l'Église avec amour, il doit être annoncé
avec courage et fidélité comme une bonne nouvelle
pour les hommes de toute époque et de toute culture.
À l'aube du salut, il y a la naissance d'un enfant, proclamée
comme une joyeuse nouvelle: "Je vous annonce une grande joie,
qui sera celle de tout le peuple: aujourd'hui vous est né
un Sauveur, qui est le Christ Seigneur, dans la cité de David"
(Lc 2, 10-11). Assurément, la naissance du Sauveur a libéré
cette "grande joie", mais, à Noël, le sens
plénier de toute naissance humaine se trouve également
révélé, et la joie messianique apparaît
ainsi comme le fondement et l'accomplissement de la joie qui accompagne
la naissance de tout enfant (Jn 16, 21).
Exprimant ce qui est au coeur de sa mission rédemptrice,
Jésus dit: "Je suis venu pour qu'ils aient la vie et
qu'ils l'aient en abondance" (Jn 10, 10). En vérité,
il veut parler de la vie "nouvelle" et "éternelle"
qui est la communion avec le Père, à laquelle tout
homme est appelé par grâce dans le Fils, par l'action
de l'Esprit sanctificateur. C'est précisément dans
cette "vie" que les aspects et les moments de la vie de
l'homme acquièrent tous leur pleine signification.
(Evangelium Vitae, n. 1)

V. LE CARACTÈRE
SACRÉ DE LA VIE HUMAINE
102. La vie de l'homme vient de Dieu,
c'est son don, son image et son empreinte, la participation à
son souffle vital. Dieu est donc l'unique Seigneur de cette vie:
l'homme ne peut en disposer. Dieu lui-même le répète
à Noé après le déluge: "De votre
sang, qui est votre propre vie, je demanderai compte à tout
homme: à chacun je demanderai compte de la vie de son frère"
(Gn 9, 5). Et le texte biblique prend soin de souligner que le caractère
sacré de la vie a son fondement en Dieu et dans son action
créatrice: "Car à l'image de Dieu l'homme a été
fait" (Gn 9, 6).
(Evangelium Vitae, n. 39)
103. "La vie humaine est sacrée
parce que, dès son origine, elle comporte "l'action
créatrice de Dieu" et demeure pour toujours dans une
relation spéciale avec le Créateur, son unique fin.
Dieu seul est le Maître de la vie de son commencement à
son terme: personne, en aucune circonstance, ne peut revendiquer
pour soi le droit de détruire directement un être humain
innocent". Par ces mots, l'Instruction Donum Vitae (n. 7) expose
le contenu central de la révélation de Dieu sur le
caractère sacré et sur l'inviolabilité de la
vie humaine.
(Evangelium Vitae, n. 53)
104. Or l'inviolabilité de
la personne, reflet de l'absolue inviol-abilité de Dieu Lui-même,
trouve son expression première et fonda-mentale dans l'inviolabilité
de la vie humaine. Il est juste, assurément, de parler des
droits de l'homme comme, par exemple, le droit à la santé,
au logement, au travail, à la famille, à la culture
mais c'est propager l'erreur et l'illusion que d'en parler, comme
on le fait souvent, sans défendre avec la plus grande vigueur
le droit à la vie, comme droit premier, origine et condition
de tous les autres droits de la personne.
L'Église ne s'est jamais avouée vaincue en face de
toutes les violations que le droit à la vie, droit précisément
de tout être humain, a subies et continue à subir de
la part des particuliers ou des autorités elles-mêmes.
Le sujet de ce droit c'est l'être humain, à tout moment
de son développement, depuis sa conception jusqu'à
sa mort naturelle; et en toutes les conditions, en santé
ou en maladie, en état de perfection physique ou de handicap,
de richesse ou de misère.
(Christifideles Laici, n. 38)
105. En accueillant avec amour et
générosité toute vie humaine, surtout si elle
est faible et malade, l'Église vit aujourd'hui un moment
capital de sa mission, d'autant plus nécessaire que s'affirme
davantage une "culture de mort". En effet "l'Église
croit fermement que la vie humaine, même faible et souffrante,
est toujours un magnifique don du Dieu de bonté. Contre le
pessimisme et l'égoïsme qui obscurcissent le monde,
l'Église prend parti pour la vie, et dans chaque vie humaine
elle sait découvrir la splendeur de ce "Oui", de
cet "Amen" qu'est le Christ (cf. 2 Cor 1, 19; Ap 3, 14).
Au "non" qui envahit et attriste l'homme et le monde,
elle oppose ce "oui" vivant, défendant ainsi l'homme
et le monde contre ceux qui menacent la vie et lui portent atteinte"
(Familiaris Consortio, n. 30). Il revient aux fidèles laïcs
qui sont plus directement, par vocation ou par profession, responsables
de l'accueil de la vie, de rendre concret et efficace le "Oui"
de l'Église à la vie humaine.
(Christifideles Laici, n. 38)
106. La raison atteste qu'il peut
exister des objets de l'acte humain qui se présentent comme
"ne pouvant être ordonnés" à Dieu,
parce qu'ils sont en contradiction radicale avec le bien de la personne,
créée à l'image de Dieu. Ce sont les actes
qui, dans la tradition morale de l'Église, ont été
appelés "intrinsèquement mauvais" (intrinsece
malum): ils le sont toujours et en eux-mêmes, c'est-à-dire
en raison de leur objet même, indépendamment des intentions
ultérieures de celui qui agit et des circonstances. De ce
fait, sans aucunement nier l'influence que les circonstances, et
surtout les intentions, exercent sur la moralité, l'Église
enseigne "qu'il y a des actes qui, par eux-mêmes et en
eux-mêmes, indépendamment des circonstances, sont toujours
gravement illicites, en raison de leur objet" (Reconciliatio
et Paenitentia, n. 17). Dans le cadre du respect dû à
la personne humaine, le Concile Vatican II lui-même donne
un ample dévelop-pement au sujet de ces actes: "Tout
ce qui s'oppose à la vie elle-même, comme toute espèce
d'homicide, le génocide, l'avortement, l'euthanasie et même
le suicide délibéré; tout ce qui constitue
une violation de l'intégrité de la personne humaine,
comme les mutilations, la torture physique ou morale, les contraintes
psycho-logiques; tout ce qui est offense à la dignité
de l'homme, comme les conditions de vie sous-humaines, les emprisonnements
arbitraires, les déportations, l'esclavage, la prostitution,
le commerce des femmes et des jeunes; ou encore les conditions de
travail dégradantes qui réduisent les travailleurs
au rang de purs instruments de rapport, sans égard pour leur
personnalité libre et responsable: toutes ces pratiques et
d'autres analogues sont, en vérité, infâmes.
Tandis qu'elles corrompent la civilisation, elles déshonorent
ceux qui s'y livrent plus encore que ceux qui les subissent et insultent
gravement l'honneur du Créateur" (GS, n. 27).
(Veritatis Splendor, n. 80)

VI. LA PLAIE DE
L'AVORTEMENT ET DE L'EUTHANASIE
107. La vie humaine connaît
une situation de grande précarité quand elle entre
dans le monde et quand elle sort du temps pour aborder l'éternité.
La Parole de Dieu ne manque pas d'invitations à apporter
soins et respect à la vie, surtout à l'égard
de celle qui est marquée par la maladie ou la vieillesse.
S'il n'y a pas d'invitations directes et explicites à sauvegarder
la vie humaine à son origine, en particulier la vie non encore
née, comme aussi la vie proche de sa fin, cela s'explique
facilement par le fait que même la seule possibilité
d'offenser, d'attaquer ou, pire, de nier la vie dans de telles conditions
est étrangère aux perspectives religieuses et culturelles
du peuple de Dieu.
(Evangelium Vitae, n. 44)
108. "Rien ni personne ne peut
autoriser que l'on donne la mort à un être humain innocent,
ftus ou embryon, enfant ou adulte, veillard, malade incurable
ou agonisant. Personne ne peut demander ce geste homicide pour soi
ou pour un autre confié à sa responsabilité,
ni même y consentir, explicitement ou non. Aucune autorité
ne peut légitimement l'imposer, ni même l'autoriser".
(Iura et Bona, n. 2)
109. Par conséquent, avec
l'autorité conférée par le Christ à
Pierre et à ses Successeurs, en communion avec tous les évêques
de l'Église catholique, je confirme que tuer directement
et volon-tairement un être humain innocent est toujours gravement
immoral. Cette doctrine, fondée sur la loi non écrite
que tout homme découvre dans son coeur à la lumière
de la raison (cf. Rm 2, 14-15), est réaffirmée par
la Sainte Ecriture, transmise par la Tradition de l'Église
et enseignée par le Magistère ordinaire et universel.
(Evangelium Vitae, n. 57)
110. Je voudrais adresser une pensée
spéciale à vous, femmes qui avez eu recours à
l'avortement. L'Église sait combien de condi-tionnements
ont pu peser sur votre décision, et elle ne doute pas que,
dans bien des cas, cette décision a été douloureuse,
et même dramatique. Il est probable que la blessure de votre
âme n'est pas encore refermée. En réalité,
ce qui s'est produit a été et demeure pro-fondément
injuste. Mais ne vous laissez pas aller au décourage-ment
et ne renoncez pas à l'espérance. Sachez plutôt
comprendre ce qui s'est passé et interprétez-le en
vérité. Si vous ne l'avez pas encore fait, ouvrez-vous
avec humilité et avec confiance au repentir: le Père
de toute miséricorde vous attend pour vous offrir son pardon
et sa paix dans le sacrement de la réconciliation. Vous vous
rendrez compte que rien n'est perdu et vous pourrez aussi demander
pardon à votre enfant qui vit désormais dans le Seigneur.
Avec l'aide des conseils et de la présence de personnes amies
compétentes, vous pourrez faire partie des défenseurs
les plus convaincants du droit de tous à la vie par votre
témoignage douloureux. Dans votre engagement pour la vie,
éventuellement couronné par la naissance de nouvelles
créatures et exercé par l'accueil et l'attention envers
ceux qui ont le plus besoin d'une présence chaleureuse, vous
travaillerez à instaurer une nouvelle manière de considérer
la vie de l'homme.
(Evangelium Vitae, n. 99)

VII. LA PEINE
CAPITALE
111. "La légitime défense
peut être non seulement un droit, mais un devoir grave, pour
celui qui est responsable de la vie d'autrui. La défense
du bien commun exige que l'injuste agresseur soit mis en état
de non nuire. C'est ainsi que les détenteurs légitimes
de l'autorité ont le droit d'user également des armes
pour repousser l'agresseur de la communauté civile confiée
à leur responsabilité" (Saint Thomas d'Aquin,
STh, II-II, 64, 7).
L'effort de l'Etat tendant à contenir la diffusion de comporte-ments
lésant les droits de l'homme et les règles fondamentales
de la concorde civile correspond à l'exigence d'une tutelle
du bien commun. L'autorité publique légitime a le
droit et le devoir d'infliger des peines proportionnées à
la gravité des délits. La peine a d'abord pour but
de réparer le tort créé par le délit.
Lorsqu'elle est volontaire-ment acceptée par le coupable,
elle revêt une valeur expiatoire. Enfin, au-delà de
la défense de l'ordre public et du fait qu'elle garantie
la sécurité des personnes, la peine tend à
un but médicinal, et ce, dans la mesure du possible, doit
contribuer à l'amendement du coupable.
(CEC, nn. 2265-2266)
112. Dans cette perspective, se situe
aussi la question de la peine de mort, à propos de laquelle
on enregistre, dans l'Église comme dans la société
civile, une tendance croissante à en réclamer une
application très limitée voire même une totale
abolition. Il faut replacer ce problème dans le cadre d'une
justice pénale qui soit toujours plus conforme à la
dignité de l'homme et donc, en dernière analyse, au
dessein de Dieu sur l'homme et sur la société. En
réalité, la peine que la société inflige
"a pour premier effet de compenser le désordre introduit
par la faute" (CEC, n. 2266).
Les pouvoirs publics doivent sévir face à la violation
des droits personnels et sociaux, à travers l'imposition
au coupable d'une expiation adéquate de la faute, condition
pour être réadmis à jouir de sa liberté.
En ce sens, l'autorité atteint aussi comme objectif de défendre
l'ordre public et la sécurité des personnes, "non
sans apporter au coupable un stimulant et une aide pour se corriger
et pour s'amender" (CEC, n. 2266).
Précisément pour atteindre toutes ces finalités,
il est clair que la mesure et la qualité de la peine doivent
être attentivement évaluées et déterminées;
elles ne doivent pas conduire à la mesure extrême de
la suppression du coupable, si ce n'est en cas de nécessité
absolue, lorsque la défense de la société ne
peut être possible autrement. Aujourd'hui, cependant, à
la suite d'une organisation toujours plus efficiente de l'institution
pénale, ces cas sont désormais assez rares, si non
même pratiquement inexistants.
(Evangelium Vitae, n. 56)
113. A considérer la pleine
reconnaissance de l'identité et de la responsabilité
du coupable, l'enseignement traditionnel de l'Eglise n'exclut pas
le recours à la peine de mort si cette dernière s'avère
être la seule voie praticable dans la défense efficace
de la vie des êtres humains face à l'agresseur injuste.
Si, à l'inverse, ces moyens pacifiques sont suffisants pour
se défendre de l'agresseur et pour protéger la sécurité
des personnes, l'autorité se limitera à ces derniers,
étant donné qu'ils sont les plus à même
de répondre aux conditions concrètes du bien commun
et les plus conformes à la dignité de la personne
humaine. De fait aujourd'hui, le fait que l'Etat a la possibilité
de réprimer efficacement le crime, rendant inoffensif qui
l'a commis sans lui enlever la possibilité de se racheter,
les cas de nécessité absolue de la suppression du
délit 'demeurent extrêmement rares voir inexistants.
(CEC, n. 2267)

VIII. LA DIGNITÉ
DE LA FEMME
114. Il est certain qu'il reste encore
beaucoup à faire pour que la condition de femme et de mère
n'entraîne aucune discrimination. Il est urgent d'obtenir
partout l'égalité effective des droits de la personne
et donc la parité des salaires pour un travail égal,
la protection des mères qui travaillent, un juste avancement
dans la carrière, l'égalité des époux
dans le droit de la famille, la reconnaissance de tout ce qui est
lié aux droits et aux devoirs du citoyen dans un régime
démocratique. Il s'agit là d'un acte de justice, mais
aussi d'une nécessité. Dans la politique à
venir, les femmes seront toujours plus impliquées dans les
graves problèmes actuellement débattus: temps libre,
qualité de la vie, migrations, services sociaux, euthanasie,
drogue, santé et soins, écologie, etc. Dans tous ces
domaines, une plus forte présence sociale de la femme s'avérera
précieuse, car elle contribuera à manifester les contradictions
d'une société organisée sur les seuls critères
de l'efficacité et de la productivité, et elle obligera
à redéfinir les systèmes, au bénéfice
des processus d'humanisation qui caractérisent la "civilisation
de l'amour".
(Lettre aux femmes, n. 4)
115. À cet héroïsme
du quotidien appartient le témoignage silen-cieux, mais combien
fécond et éloquent, de "toutes les mères
courageuses qui se consacrent sans réserve à leur
famille, qui souffrent en donnant le jour à leurs enfants,
et sont ensuite prêtes à supporter toutes les fatigues,
à affronter tous les sacrifices, pour leur transmettre ce
qu'elles possèdent de meilleur en elles" (Jean-Paul
II, Homélie de béatification, 1994). Dans l'accomplissement
de leur mission, "ces mères héroïques ne
trouvent pas toujours un soutien dans leur entourage. Au contraire,
les modèles de civilisation, souvent promus et diffusés
par les moyens de communication sociale, ne favorisent pas la maternité.
Au nom du progrès et de la modernité, on présente
comme désormais dépassées les valeurs de la
fidélité, de la chasteté et du sacrifice qu'ont
illustrées et continuent à illustrer une foule d'épouses
et de mères chrétiennes.... Nous vous remercions,
mères héroïques, pour votre amour invincible!
Nous vous remercions pour la confiance intrépide placée
en Dieu et en son amour. Nous vous remercions pour le sacrifice
de votre vie.... Dans le mystère pascal, le Christ vous rend
le don que vous avez fait. Il a en effet le pouvoir de vous rendre
la vie que vous lui avez apportée en offrande" (Jean-Paul
II, Homélie de béatification, 1994).
(Evangelium Vitae, n. 86)
116. "Dieu créa l'homme
à son image, à l'image de Dieu il le créa,
homme et femme il les créa" (Gn 1, 27). Ce passage concis
contient les vérités fondamentales de l'anthropologie:
I'homme est le sommet de tout l'ordre de la création dans
le monde visible; le genre humain, qui commence au moment ou l'homme
et la femme sont appelés à l'existence, couronne toute
l'oeuvre de la création; tous les deux sont des êtres
humains, I'homme et la femme à un degré égal,
tous les deux créés à l'image de Dieu. Cette
image, cette ressemblance avec Dieu, qui est essentielle a l'être
humain, est transmise par l'homme et la femme, comme époux
et parents, à leurs descendants: "Soyez féconds,
multipliez, emplissez la terre et soumettez-la" (Gn 1, 28).
Le Créateur confie la "domination" de la terre
au genre humain, à toutes les personnes, à tous les
hommes et à toutes les femmes, qui puisent leur dignité
et leur vocation dans leur "origine" commune.
(Mulieris Dignitatem, n. 6)
117. Pour obtenir ce tournant culturel
en faveur de la vie, la pensée et l'action des femmes jouent
un rôle unique et sans doute déterminant: il leur revient
de promouvoir un "nouveau féminisme" qui, sans
succomber à la tentation de suivre les modèles masculins,
sache reconnaître et exprimer le vrai génie féminin
dans toutes les manifestations de la vie en société,
travaillant à dépasser toute forme de discrimination,
de violence et d'exploitation. Reprenant le message final du Concile
Vatican II, j'adresse moi aussi aux femmes cet appel pressant: "Réconciliez
les hommes avec la vie" (Message final du Concile [1965] aux
femmes). Vous êtes appelées à témoigner
du sens de l'amour authentique, du don de soi et de l'accueil de
l'autre qui se réalisent spécifiquement dans la relation
conjugale, mais qui doivent animer toute autre relation interpersonnelle.
L'expérience de la maternité renforce en vous une
sensibilité aiguë pour la personne de l'autre et, en
même temps, vous confère une tâche particulière:
"La maternité comporte une communion particulière
avec le mystère de la vie qui mûrit dans le sein de
la femme
. Ce genre unique de contact avec le nouvel être
humain en gestation crée, à son tour, une attitude
envers l'homme-non seulement envers son propre enfant mais envers
l'homme en général-de nature à caractériser
profondément toute la personnalité de la femme"
(Mulieris Dignitatem, n. 18). En effet, la mère accueille
et porte en elle un autre, elle lui permet de grandir en elle, lui
donne la place qui lui revient en respectant son altérité.
Ainsi, la femme perçoit et enseigne que les relations humaines
sont authentiques si elles s'ouvrent à l'accueil de la personne
de l'autre, reconnue et aimée pour la dignité qui
résulte du fait d'être une personne et non pour d'autres
facteurs comme l'utilité, la force, l'intelligence, la beauté,
la santé. Telle est la contribution fondamentale que l'Église
et l'humanité attendent des femmes. C'est un préalable
indispensable à ce tournant culturel authentique.
(Evangelium Vitae, n. 99)

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